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8 HUMEUR, TYPOLOGIE ET METAPHORE
Cet état "d'arrière-plan" est
amené à la conscience au moindre incident (petit malaise,
douleur,...) et nous permet de répondre de façon
spontanée à la question: "comment vous sentez vous?" Sans
cette perception nous ne pourrions avoir aucune représentation
de notre MOI. 1 le type A : extraverti, tonalité orthosympathique, lutte ou fuite il extériorise sa réponse aux stress par des réactions excessives, disproportionnées par rapport au facteur déclenchant. Ce sont des personnes en général ambitieuses, agressives, impulsives, toujours sous tension, en compétition avec l’entourage et avec elles-mêmes, perfectionnistes, toujours pressées, accrochées à leur montre, incapables de se relaxer, toujours tournées vers le travail ( source principale de plaisir) auquel elles sacrifient la famille et la vie affective. Leur réaction biologique dominante est la sécrétion d’adrénaline qui les prédispose particulièrement aux maladies cardio-vasculaires, d’infarctus, hypertension artérielle, migraine, hémorragie cérébrale : mais aussi à l’ulcère gastroduodénal, au diabète et à l’obésité. Le cholestérol sanguin est souvent élevé.
Il intériorise sa réaction au stress, rumine, souffre en silence. Ce sont des « faux calmes », émotifs mais secrets ; ils rongent leur frein sans rien dire et ne manifestent pas leurs réactions, si violentes soient-elles. Ils répondent principalement au stress par la sécrétion des corticoïdes. Ils risquent un affaiblissement de leurs défenses immunitaires et présentent une hypersensibilité aux infections, aux rhumatismes, à l’allergie et à la dépression nerveuse. Un état de fatigue et une colite peuvent aussi se manifester. 3 le typeB C’est le type intermédiaire, à caractère optimiste et positiviste. Il correspond aux personnes équilibrées, paisibles, capables de faire face aux agressions. Elles ont une bonne maîtrise d’elles-mêmes. Elles sont optimistes et n’ont pas de problème de stress. Malheureusement ce type est minoritaire, alors que les types A et C sont plus fréquents dans la population. En fait, les types purs sont rares. Nous sommes plutôt un panaché de deux types réagissant différemment suivant les circonstances et le type de stress. Le sachant, il nous est sans doute possible d’essayer de modifier nos réactions conscientes en nous reprochant le plus possible de celles du type B. L’idéal n’est pas d’éviter tout stress ( la sous-stimulation de l’organisme ou son incapacité totale à s’adapter sont aussi génératrices de stress), mais d’y opposer une réaction bien adaptée. En d’autres termes, s’il n’est pas souhaitable de se laisser importuner par une mouche, inutile de prendre une massue pour s’en débarrasser ! 8.2 Apport au
Mémoire La persistance des états d’urgence de l’instinct ( peur-angoisse, colére-agressivité, tristesse-désespoir) va conditionner une attitude psychique et physique qui va s’exprimer dans la posture, l’expression gestuelle et vocale . Nous devons saisir ce langage du corps afin de comprendre la « plainte » du patient Le schéma suivant montre :
8.3 Le corps
comme
métaphore Tout se passe comme si le malade usait de son corps comme d'une métaphore prise dans son discours intérieur, dans une manière de se parler à lui-même, un peu comme s'il prenait son corps à témoin. 8.3.1 Métaphores et stress Les modèles traditionnels de l'effet des émotions sur le corps, qui se traduisent implicitement dans les expressions langagières utilisées, remontent sans doute à la nuit des temps. Sont-ils pour autant étrangers aux approches scientifiques des phénomènes liés à ces émotions ? Il n'en est rien, si l'on en croit notamment Georges Lakoff (1987) , pour qui ces modèles, ainsi que les métaphores qui leur sont associées, reflètent à travers la langue une sagesse et une expérience pluri-séculaires du corps et du soi, qu'il serait tout à fait absurde de négliger en matière de recherche. Lakoff observe dans les expressions populaires américaines liant émotions et physiologie, notamment celles qui sont relatives à la colère (les équivalents en anglais de : il perd son sang-froid, être rouge de colère …), un principe très général, à savoir que les effets physiologiques des émotions représentent ces émotions. Il montre aussi que, d'une manière générale, les relations entre émotions et physiologie semblent ancrées principalement dans une même métaphore, en tant que relations de "contenus" à "contenant". Dans le cadre de cette métaphore, les émotions sont contenues dans le corps, qui par conséquent joue le rôle de récipient de ces émotions. La colère comme fluide qui chauffe dans un récipient ("bouillir de rage", "fulminer", "ça va chauffer" …) A l'instar de la colère, le stress se manifeste par des effets physiologiques, pour peu que son expression soit inhibée (autrement dit, que cette émotion soit "rentrée", refoulée). La métaphore générale précédente, concernant les relations entre physiologie (le corps comme récipient) et émotion (contenu de ce récipient), se retrouve dans diverses formules populaires associées au stress. Par exemple, quand le stress est un "trop plein" (de soucis), "on est rempli de malheur", "on ne peut pas contenir son désespoir", etc.
1. L'apport du langage populaire, des expressions courantes et significatives du genre "Il n'en fait qu'à sa tête", "Ca m'est resté en travers de la gorge" etc.. Ces expressions de la "sagesse" populaire s'avèrent souvent d'une grande pertinence dans la compréhension du lieu de somatisation, et ce n'est pas pour surprendre si l'on considère que le corps est inscrit dans le langage. 2. L'apport lié à la fonction de l'organe. Chaque organe a une fonction spécifique et c'est par elle qu'il se situe dans cet ensemble "organique", c'est ce qui lui donne sa raison d'être, on n'ose pas dire son "identité", et sa relation avec l'ensemble. Chaque organe est peut-être comme le reflet, l'analogie physique, de fonctions psychiques qui trouvent en lui une ressemblance, une correspondance. Sur le plan psychique aussi, il y a des choses que nous "digérons", que nous métabolisons ou éliminons. Sinon, « ça nous reste sur l'estomac ». Le colon élimine au prix d'une alchimie laborieuse qui lui permet de renoncer à des choses passées. Les reins balancent, pèsent le pour et le contre et décident, mais ils aident aussi à faire face à la vie à travers les "reins solides" de la colonne lombaire, comme à surmonter les peurs grâce aux surrénales. 3. L'apport enfin des traditions et des anciennes cultures, comme c'est le cas de l'acupuncture qui établit une relation étroite entre chaque organe-fonction et une disposition psychique ou émotionnelle particulière, ou de la tradition hébraïque, ou encore de l'astrologie prise, non pas dans son sens ésotérique, mais comme l'apport culturel de temps anciens (astrologie chaldéenne). Cet apport de la tradition sera pour la plupart d'entre nous de loin le plus obscur, et il n'y a pas lieu à notre sens de s'y attacher outre mesure si ce n'est pour mettre en évidence la manière dont le corps était perçu et symbolisé en ces temps anciens, et en retirer parfois quelques éclairages intéressants. Nous ne proposons cela que comme matière à réflexion, et il ne s'agit pas, on l'aura compris, d'une clé universelle, qui serait valable en tout temps et en tous lieux pour tous les êtres humains, ce serait trop facile… Il existe, pour chacun de nous, une manière de se dire les choses, qu'en dernier ressort, nous sommes les seuls à pouvoir interpréter. La complexité des interactions entre stress et physiologie, l'importance que prend le stress dans notre vie quotidienne, nous invite à réfléchir aux modèles et métaphores que nous utilisons, et aux fondements de ces choix. En évacuant le subjectif, nous perdons ce qui, dans le discours du patient, est pour lui "signifiant"
Notre rôle sera, alors, d’amener à la conscience de celui-ci la métaphore liée à la zone en lésion et donc de relier sa pathologie somatique à son état émotionnel.
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