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9 HYPOTHESES SUR L’ACTION DE L’OSTEOPATHIE
Nous essayerons dans les chapitres suivants d’émettre des hypothèses et de trouver des arguments, en accord avec les données actuelles à notre disposition, permettant d’expliquer les réactions émotionnelles du patient et l’action de l’ostéopathie suite aux constatations cliniques que nous observons lors ou suite à nos traitements.
70 % de la communication est non verbale et l’ostéopathe se doit, dans son traitement global, de décrypter ce « langage du corps ». L’étude des typologies, statique et dynamique, nous amènera déjà vers un tempérament extraverti ou introverti, anxieux, agressif ou inhibé.
Les mots employés (métaphore) et surtout leurs intonations (connotation affective) prennent ici toute leur importance ainsi que le contexte dans lequel est apparu la lésion ostéopathique. La mémoire émotionnelle va déjà réactiver les réactions corporelles que nous serons alors mieux à même de sentir dans les tissus. Il sera important que le patient fasse un choix dans sa demande de soulagement s’il présente plusieurs pathologies ( par exemple entorse du genou récente et vertiges anciens), cela pour les mêmes raisons que précédemment. Cependant, en raison du refoulement, l’histoire du patient est souvent incomplète et c’est l’interrogatoire physique qui, souvent, nous donnera la réponse.
Cette mémoire, comme nous le verrons, est indissociable de l’émotion qui était rattachée au traumatisme initial. Nous pouvons préciser que ce raisonnement s’applique aussi bien à la douleur (ou souffrance) physique que psychique. - Si cette douleur est de nature physique ( entorse de cheville par exemple), le patient se souviendra de l’histoire du traumatisme et nous l’inciterons à verbaliser celle ci. Ce faisant, il réactivera inconsciemment l’émotion attachée au traumatisme. En pratique, nous demandons au sujet s’il a ressenti une émotion particulière en partant des émotions de base, à savoir : Peur (anxiété), Colère (agressivité), Abattement (tristesse). - Si elle est de nature psychique et donc plus en rapport avec une émotion « somatisée » ( diaphragme par exemple), nous appliquons le même raisonnement et demandons au patient de nous raconter les circonstances pendant lesquelles se déclenchent cette émotion.
9.3.2 Correction Notre stimulation manuelle va donc engendrer un changement corporel. Ce changement corporel sera ressenti selon le cas soit comme lié à une émotion, soit comme émotion elle même. On peut supposer que, en recréant cette configuration tissulaire émotionnelle, nous faisons revivre au patient l’expérience physiologique de la souffrance passée. L’information donnée au corps enclenche alors la reconnexion et le processus de guérison interrompue par le refoulement de la souffrance. On redonne la possibilité aux tissus de retrouver leur mécanisme d’auto-guérison interrompu à cause du stress émotionnel ( du fait de son intensité ou de sa durée). L’émotion, ressentie de nouveau, va pouvoir alors être intégrée et comprise. On retrouve la boucle au sein du corps et la connexion : corps-système limbique-cortex préfrontal permettant de rétablir l’homéostasie. Nous insistons pour que la verbalisation se fasse aussi pendant la correction, ce qui permet un échange d’informations en continu et donc de recréer la circularité entre le corps et l’esprit. Quand l’événement, lié au traumatisme, a perdu sa connotation émotionnelle négative, le patient ressent alors dans son corps une détente qui permettra au processus physiologique de guérison de remplir pleinement son rôle. Dans un premier temps, nous ramenons le patient dans son schéma lésionnel : temps d'aggravation, tant physique que psychique ( action nociceptive, douloureuse faisant intervenir le faisceau de punition intervenant après un temps d’exagération fonctionnelle non douloureux ). Dans un second temps, nous inversons les paramètres : temps "structurel" de la correction (action gratifiante faisant intervenir le faisceau de récompense). La réaction émotionnelle lors du traitement ou après celui-ci peut correspondre à la libération des tensions accumulées (somatisation) par refoulement de l’émotion et expliquer l’amélioration obtenue. Nous pensons aussi que, dans certains cas, la prise de conscience n’a pas lieu ou plutôt reste dans le domaine de l’inconscient (par action de l’amygdale qui peut traiter l’information émotionnelle sans intervention de la conscience), en particulier si le traumatisme est ancien. Il est alors préférable de respecter le choix du “corps” et de ne pas forcer le “passage”. La correction doit respecter la physiopathologie du traumatisme et se situer à son niveau. Si celui-ci ne concerne que le système pulsionnel ( tronc cérébral et hypothalamus) ou émotionnel( système limbique), le mécanisme peut ne pas faire intervenir la conscience.
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