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 10 INDICES POUVANT ETAYER CES HYPOTHESES


10.1 La Douleur
10.1.1 Définition

La définition actuelle de la notion de douleur a été rendue officielle par l'IASP (International Association for the Study of Pain) : "La douleur est l'expression d'une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en terme d'une telle lésion". Cette définition sous-entend des mécanismes générateurs anatomophysiologiques, mais aussi d'ordre psychologiques.


10.1.2 Les nocicepteurs musculaires, articulaires et viscéraux
Il est décrit surtout des nocicepteurs polymodaux aux niveaux musculaire et articulaire. Au niveau des viscères, on met en évidence surtout des mécanonocicepteurs, sensibles, notamment à la distension des parois des organes creux.

Pour Minaire (cours PCEM2 Lyon), les récepteurs de la somesthésie sont différents des nocicepteurs.

Pour Nahmani (kinésiologie : 1990) :Récepteurs somesthesiques spécifiques : golgi, pacini, krause, ruffini, meissmer. Intensité plus faible de mise en jeu. Peuvent aussi conduire la douleur dans certaines conditions, en particulier lors de stimulations répétitives. Ce sont des mécanorécepteurs situés essentiellement dans la peau (étirement, pression, vibration) mais aussi dans les muscles : fuseau neuromusculaire ,récepteur tendineux de golgi.

Pour Albe-Fessard (1996 : la douleur, E.U), les récepteurs de la nociception sont les mêmes que ceux de la réceptivité somesthésique, c’est l’intensité du message qui diffère.


10.1.3 Voies anatomiques

Selon Mertens il est possible de distinguer, au sein des afférences nociceptives, 2 voies anatomiques empruntant :

1) un système latéral
mis en jeu par la voie néo-spino-thalamique, faisant relais dans le noyau ventro-postéro-latéral du thalamus et se projetant sur le cortex pariétal somesthésique. Il s'agit d'une voie à conduction rapide (paucisynaptique) responsable d'une sensation consciente de douleur aiguë et douée d'une capacité d'analyse qualitative de la stimulation (de la nature, de la durée, de la topographie).

Cette voie est ainsi responsable de l'aspect sensori-discriminatif de la nociception, lié à la capacité d'analyser la nature, la localisation, la durée, l'intensité de la stimulation douloureuse.

2) un système médian
activé par la voie paléo-spino-réticulo-thalamique faisant relais dans la réticulée du tronc cérébral et dans les noyaux non spécifiques du thalamus et comportant de vastes projections sur le cortex pré-frontal, les structures limbiques, l'hypothalamus, le striatum...

Cette voie à conduction lente est responsable après stimulation nociceptive de la douleur sourde, mal systématisée (non discriminative).

Elle met en jeu des comportements d'éveil et de défense et est à l'origine des composantes affectives (qui confèrent à cette sensibilité son caractère désagréable) et cognitives (à l'origine de phénomènes comportementaux référés à l'expérience antérieure mémorisée : réactions d'attention, d'anticipation, de fuite...) de la sensation douloureuse.


10.1.4 Hypothéses
Ce rappel anatomique nous montre le coté émotionnel, psychologique et cognitif de la douleur et nous permet de comprendre la réponse émotionnelle suite à la réactivation d’un point douloureux. Lors d’un traitement, la mise en jeu des projections corticales explique le réveil de tout le contexte lié à cette douleur qu’il faudra saisir et utiliser.

 

10.2 Le système nerveux autonome ou végétatif
10.2.1 Définition

Le système nerveux , autonome ou végétatif assure l'homéostasie et l'équilibre du milieu intérieur :
- motricité et sensibilité des viscéres , du coeur , du poumon, des vaiseaux
- régulation des sécrétions hormonales et glandulaires ( système neuro-endocrinien)
- sudation ( glandes sudoripares) et piloérection des téguments.

Le système nerveux autonome organise la défense contre l'agression extérieure et assure la survie de l'individu et de l'espèce. Il permet par des réactions viscérales adaptatives d'être le plus opérant lors de l'agression.

Il oriente le système nerveux cérébro-spinal vers une performance optimale.

10.2.2 Les voies afférentes du SNV
Les voies afférentes végétatives naissent par des terminaisons libres au niveau des viscères et des intérocepteurs artériels. Elles empruntent les voies de la sensibilité générale pour le système orthosympathique (support de la sensibilité viscérale et des vaisseaux) les nerfs, pneumogastrique et glosso-pharyngien pour le parasympathique crânien.

La voie afférente rejoint soit les centres médullaires (ortho-sympathiques), soit les centres (para-sympathique) du tronc cérébral ou de la moelle sacrée.

Les afférences sympathiques transportent des influx à l'origine de nombreux réflexes. Cette sensibilité intéroceptive viscérale ou cénesthésie est inconsciente et ne devient consciente que lorsqu'elle est douloureuse.


10.2.3 Les douleurs viscérales
Les organes sont relativement insensibles au toucher. Des stimuli importants peuvent déclencher une sensation douloureuse, que ce soit la distension d'organes creux, des spasmes, des inflammations et des irritations des séreuses, ou la libération de substances algogènes lors de phénomènes ischémiques.

Ces sensations douloureuses sont alors transportées par des fibres nerveuses sensitives de types A delta ou C. Ces fibres nociceptives empruntent le trajet des fibres sympathiques et remontent le long des plexus de la chaîne caténaire et rejoignent la corne dorsale de la moelle par la racine postérieure.

Des afférences somatiques et, ou des afférences végétatives, empruntant les voies de la sensibilité thermo-algique, peuvent donc, par leur projection au niveau des centres supérieurs du système nerveux végétatif ( réticulée, thalamus, système limbique, néocortex), provoquer des réponses végétatives variées.


Les douleurs viscérales, à l'inverse des douleurs somatiques, sont mal localisées, vagues, diffuses. Plusieurs éléments peuvent expliquer cette particularité: la complexité du réseau sympathique organisé sous forme de plexus, le trajet parfois complexe de l'influx centripète qui peut pénétrer par le biais de la chaîne latérale à des niveaux segmentaires différents.

Les fibres transportant la sensibilité viscérale et celles de la sensibilité tégumentaire et des séreuses (plèvre, péritoine) convergent au niveau médullaire. Cette convergence rend compte des douleurs viscérales projetées et de mécanismes réflexes, en particulier sympathiques à la douleur.

10.2.4 Hypothéses
Ici encore, la douleur viscérale que nous réveillons par notre palpation et notre traitement va réactiver l’émotion liée à la douleur et expliquer les réactions neurovégétative qui peuvent se produire.

10.3 La Mémoire
10.3.1 Définition

La mémoire est un système de stockage et de récupération d'informations qui nous permet de connaître, de nous repérer et d'évoluer dans le monde qui nous entoure. Dans le système mnésique, les informations traitées superficiellement se mémorisent bien moins que les informations traitées en profondeur et associées à des connaissances existantes. Plus il y a d'association entre nouveautés et ce qui est déjà connu, meilleur est l'apprentissage.

10.3.2 Classification neuropsychologique de la Mémoire
10.3.2.1 Mémoire à court terme

C'est la mémoire Iaire ou mémoire de travail (mémoire-tampon), sa capacité est limitée mais elle permet de manipuler des informations afin de réaliser des tâches cognitives comme le raisonnement et la compréhension.

Les informations sont disponibles uniquement de manière temporaire. Cette mémoire n'est pas le passage obligatoire vers les autres types de mémoire, regroupés sous l'appellation " mémoire à long terme".

10.3.2.2 Mémoire à long terme
Mémoire IIaire : permet le codage et stockage durable des informations de manière organisée. Cette mémoire se divise en :

1) Mémoire explicite (déclarative) concernant les souvenirs consciemment exprimés, elle garde les événements liés à l'apprentissage. Elle regroupe les mémoires sémantique et épisodique

a) Mémoire épisodique (autobiographique, affective) : c'est l'histoire personnelle du sujet, elle est essentielle à l'orientation spatio-temporelle et à ce titre les amnésies qui la touchent sont particulièrement invalidantes en causant une désorientation spatio-temporelle.

b) Mémoire sémantique : le savoir, la culture d'un sujet, elle peut être considérée comme étant un résidu de la mémoire épisodique, dégagée de son contexte affectif et de ses références personnelles.


Ce type de mémoire permet l'apprentissage et une consolidation variable des souvenirs en fonction de leur poids émotionnel et de leur répétition.

La mémoire à long terme repose sur le circuit de Papez tant sur le plan de l'apprentissage que sur celui du renforcement. Ce circuit unit le cortex sensoriel qui a reçu l'information, l'hippocampe (face interne lobe temporal, où convergent les informations sensorielles), le fornix, les corps mammillaires, le thalamus, le gyrus cingulaire (cortex péri-limbique).


Elle est touchée par l'amnésie antérograde (ou amnésie hippocampique, oubli à mesure).

2) Mémoire implicite qui est inconsciente, on apprend sans retenir l'expérience de l'apprentissage. Elle est impliquée dans le conditionnement. Elle nous permet de réaliser des tâches automatiques (comme jouer au tennis, attacher un lacet...) Elle se subdivise en :

a) Mémoire procédurale ou mémoire motrice car elle assure l'acquisition de savoir faire, de compétence du sujet. Elle n'est pas touchée par l'amnésie antérograde liée aux lésions du circuit de Papez, mais elle est affectée par des lésions du cervelet et des noyaux de la base, survenant par exemple dans des maladies neurodégénératives comme Huntington qui touche le striatum.

b) Mémoire émotive : Son centre névralgique est l'amygdale qui reçoit des informations par deux circuits (thalamique et cortical).

Les informations thalamiques véhiculent une perception grossière et rapide d'une situation, alors que les réseaux corticaux donnent une représentation détaillée. Ces derniers circuits sont longs, ils passent par le thalamus puis le cortex avant d'atteindre l'amygdale; ils sont donc lents

Ces deux voies de la mémoire émotionnelles ont des contraintes temporelles distinctes : une rapide (thalamique), une lente (corticale).

Face à une émotion le thalamus active simultanément le cortex et l'amygdale. Ce qui fait naître immédiatement des réactions émotionnelles dans l'amygdale avant même que nous ayons identifié le stimulus émotionnel. Le circuit court thalamo-amygdalien est donc utile lorsqu'il faut réagir vite.

Dans un deuxième temps, le traitement de l'information par la voie longue corticale permet la vérification de la situation afin de la renforcer si c'est un véritable stimulus émotionnel (oui c'est un serpent) ou de neutraliser la réaction de peur si c'est une erreur (non c'est un bout de bois).

La mémoire émotionnelle passe par l'amygdale alors que la mémoire explicite passe par l'hippocampe. Cette différence explique pourquoi nous ne nous souvenons pas des traumatismes qui se sont produits au début de la vie. En effet, l'hippocampe est encore immature lorsque l'amygdale est déjà capable de stocker des souvenirs inconscients.

Un traumatisme précoce pourra perturber les fonctions mentales et comportementales d'un adulte par des mécanismes inaccessibles à la conscience.


3) Mémoire IIIaire

Est constituée par les souvenirs ayant fait l'objet d'une consolidation. C'est la mémoire des faits anciens qui deviennent indépendant du circuit de Papez. Plus particulièrement, il y a désengagement du système limbique.
Les souvenirs sont alors localisés, non pas sur le circuit de Papez, mais dans des zones spécifiques du cortex qui correspondent aux zones où les informations sensorielles qui sont à l'origine des souvenirs, ont été reçues (le cortex occipital pour les souvenirs visuels, temporal pour les souvenirs auditifs ....).

Elle concerne surtout des souvenirs de la mémoire sémantique et un peu moins la mémoire épisodique (son organisation est moins bonne donc plus susceptible d'oubli). De plus, la mémoire épisodique est moins sujette à la répétition qui lui assurerait une bonne consolidation.

En fait, ce qui permet la consolidation des souvenirs épisodiques est leur poids émotionnel.

10.3.2.3 La métamémoire
C'est la conscience et le jugement que l'on a à propos de sa propre mémoire et de ses performances mnésiques. La métamémoire est plus en relation avec le psychisme qu'avec la mémoire réelle. Par exemple chez les dépressifs graves, les plaintes mnésiques sont importantes. Lorsque l'état dépressif s'améliore le patient juge que sa mémoire est meilleure alors que les tests mnésiques ne détectent aucune amélioration.

10.3.3 Renforcement du rappel épisodique
Sitôt qu'un événement s'est produit, notre capacité à nous en souvenir est sensiblement la même, qu'il soit ou non chargé d'émotion.

C'est en fait le temps qui fait évoluer les choses. Cela se traduit, le plus souvent, par le degré d'oubli : alors que nous oublions progressivement les événements émotionnellement neutres, les autres s'estompent beaucoup moins. A cet égard, les souvenirs d'événements émotionnels nous paraissent donc plus tenaces.

Lorsque l'on est en proie à l'émotion, notre capacité à conserver des souvenirs épisodiques se renforce Et de fait, ils le sont par ce renforcement du rappel épisodique grâce à l’émotion.

Cependant, l'émotion ne renforce pas la mémoire épisodique en toutes circonstances. Dans les cas de stress extrême ou prolongé, la réaction émotionnelle peut en effet véritablement nuire à la performance de la mémoire épisodique(consciente).

Nous pensons, suite aux chapitres précédents( PTSD, Refoulement), que le stress, trop important dans son intensité ou sa durée, déconnecte le cortex préfrontal du système limbique pour éviter la souffrance générée par l’émotion. Cependant, l’amygdale gardera la mémoire de l’événement qui restera imprimée à un niveau inconscient.


10.3.4 Réponse implicite émotionnelle apprise.

Bien que la mémoire se confonde, dans notre esprit, avec le rappel conscient, il existe d'autres moyens de l'exprimer. L'influence de l'émotion sur la mémoire y apparaît alors plus subtile.

Nous avons tous connu des situations dans lesquelles, par suite de notre expérience passée, nous ne nous sentons ni en sûreté ni à l'aise : chez le dentiste, en voiture sur une route où nous avons récemment eu ou vu un accident ou encore face à une personne, auparavant peu respectueuse à notre égard.

Dans ces moments-là, nous nous rappelons consciemment les événements passés, mais nous sommes aussi imprégnés d'un sentiment mauvais ou désagréable, pouvant parfois s'accompagner de sueur ou de nervosité. En fait, à travers l'activation de notre système nerveux autonome, notre corps exprime ici un souvenir émotionnel de la situation. Cette mémoire automatique et quasi réflexe est implicite.

Elle peut, ou non, accompagner le rappel conscient d'un événement.

Il n'existe aucun terme spécifique qualifiant ce type de souvenir. Phelps le désigne donc, ici, par l'expression : réponse implicite émotionnelle apprise.

Si différents soient-ils, ces deux modes d'influence de l'émotion sur la mémoire humaine - renforcement du rappel épisodique et réponse émotionnelle implicite apprise- sont associés au fonctionnement de l'amygdale.

Jusque récemment, le rôle particulier de l'amygdale humaine nous était presque inconnu. Pour découvrir sa fonction dans l'apprentissage et la mémoire, les chercheurs s'en sont donc d'abord remis aux modèles animaux. Ceux-ci ont ensuite servi de base à l'étude de l'amygdale dans la mémoire humaine.

Leurs travaux ont révélé le rôle que peut jouer l'amygdale dans le stockage de souvenirs dépendant d'autres structures cérébrales impliquées dans l'acquisition normale, en particulier le striatum et le complexe hippocampique.

10.3.5 Penfield: Le chirurgien du cerveau

Le Dr Wilder Penfield , neurochirurgien à l'université McGill à Montréal a dirigé en 1951 une série d'expériences pendant lesquelles il touchait le cortex temporal du cerveau du patien (dans la première circonvolution du lobe temporal droit ) avec un faible courant électrique transmis à travers un appareil galvanique.

Ses observations des réponses à ces stimulations se sont accumulées sur une période de plusieurs années. Dans chaque cas, le patient, sous anesthésie locale, était pleinement conscient pendant l'exploration du cortex cérébral et pouvait parler avec Penfield. Au cours de ces expériences, il entendait des choses étonnantes.

L'évidence semble indiquer que tout ce qui est venu à notre connaissance consciente est enregistré en détail et emmagasiné dans le cerveau et peut être « restitué » et « revécu » dans le présent.

La découverte la plus importante n'est pas seulement que les événements passés soient enregistrés en détail, mais aussi les sentiments qui sont associés à ces événements. Un événement et le sentiment, produit par cet événement, sont inextricablement liés dans le cerveau de sorte que l'un ne peut être évoqué sans l'autre.

Il apparaît aussi que seuls les éléments sensoriels auxquels l'individu avait prêté attention sont enregistrés et non toutes les impulsions qui bombardent pour toujours le système nerveux central

le registre du souvenir reste intact même après que la capacité du sujet à le rappeler ait disparu

10.3.6 Hypothèses
Nous voyons ici l’importance de l’émotion dans la mémoire, consciente et inconsciente. L’émotion ayant pour support le corps, la réactivation des événements du passé , à connotation émotionnelle, s’obtiendra en travaillant les zones du corps correspondant à la somatisation de celle ci.

L’importance de l’amygdale apparaît encore ici clairement.

10.4 Mémoire de la Douleur
Le message douloureux est une sensation d’alerte éphémère, entraînant une riposte comportementale et une réaction émotionnelle qui seront seules mémorisées. La part nociceptive (douleur physique tissulaire) ne peut être ré-évoquée ; en revanche elle est reconnue, ce qui prouve la réalité d’un stockage

La douleur peut modifier la mémoire des faits qui l’accompagnent (mémoire épisodique) voire perturber le rappel de faits antérieurs (amnésie rétrograde) ; on peut alors parler d’amnésie explicite induite par une douleur, en général violente.

L’exemple le plus caricatural étant l’ictus amnésique ( atteinte de la mémoire antérograde ou de fixation lié à un dysfonctionnement de l’hippocampe, entraînant un « trou » de mémoire) déclenché par une douleur aiguë, comme ceux qui surviennent chez le dentiste, décrits par Fischer (1982) , où le rôle déclenchant de l’émotion mérite d’être discuté autant que celui de la douleur.

On retrouve ici le même mécanisme que celui de l’émotion extrême qui entraîne une altération de la mémoire épisodique

10.4.1 Soubassements biologiques
On ignore les mécanismes biologiques qui stockent durablement la douleur et qui sont vraisemblablement situés tout au long de la chaîne de transmission, de la moelle au cortex pariétal.

Toutes les situations de reviviscence d’une douleur passée, lors de stimulations cérébrales très précises (pariétale, insulaire, thalamique …) ou lors de rares crises d’épilepsie douloureuses, attestent du stockage cortical de la douleur qui s’effectue dans des zones proches de celles du traitement du stimulus.

Le mécanisme du conditionnement douloureux, est largement démontré chez l’animal , où le seul contexte peut faire réapparaître la douleur ancienne . Le singe entraîné à recevoir une stimulation de la pulpe dentaire quelques millisecondes après un flash va déclencher une décharge nociceptive des neurones trigéminaux même après le flash isolé : cette “ douleur ” réflexe sans stimulus douloureux fait intervenir le lobe frontal puisqu’elle disparaît après lobectomie frontale.

L’amygdale stocke le souvenir de la douleur et du contexte. On doit accepter que des conditionnements douloureux sont stockés dans le système amygdalien, y compris pour les expériences douloureuses des premières années qui échappent à la mémoire déclarative et modifieraient néanmoins les comportements durant la vie adulte

10.4.2 Neuropsychologie cognitive et douleur

Quelques faits expérimentaux, que le lecteur peut vérifier par l’évocation de son propre passé douloureux, méritent d’être rappelés : il n’est pas possible de ré-évoquer précisément une douleur physique et certains réfléchissent pour savoir de quel coté était la fracture…

En revanche, on peut reconnaître précisément un stimulus nociceptif déjà perçu et cette reconnaissance permet d’évoquer tout le contexte de la première expérience.

Cette reconnaissance, tout comme la réalité des « douleur-mémoire », prouvent que toutes les sensations nociceptives sont stockées et qu’un système de masquage les prévient d’une reviviscence intempestive.

La mémoire explicite, de type épisodique, stocke et rappelle toutes les informations contextuelles permettant de décrire à distance une douleur aiguë.
Parmi les composantes explicites , il y a le contexte spatial et temporel (où et quand ?) , les caractères spécifiques de la douleur (siège , qualité , intensité), les mesures prises ( médicaments , chirurgie , hospitalisation …) et surtout le contexte émotionnel avec l’anxiété , les réactions végétatives et le stress…

L’évocation d’une douleur à distance ne sera jamais limitée à l’intensité nociceptive : on peut revivre la situation contextuelle et émotionnelle de la douleur sans ressentir précisément la sensation physique.

En d’autres termes la mémorisation est beaucoup plus celle de la souffrance que celle de la nociception .

Evidemment la mémoire de la douleur comporte une part implicite. On a pu montrer qu’un Korsakoff (syndrome amnésique , cause : alcoolisme, tumeurs ischémie, traumatismes crâniens ) garde la possibilité “ implicite ” d’acquérir un comportement reflexe adéquat vis à vis d’une douleur nouvelle comme dans la célèbre expérience de Claparède : si on salue le patient en réalisant une piqûre dans la main , il va 10 minutes plus tard éviter de tendre la main tout en affirmant voir l’interlocuteur pour la première fois.

Cette expérience classique plaide pour une mémoire procédurale de la nociception capable de modifier des comportements . Le phénomène de conditionnement existe pour une douleur vive et répétée dont le prototype est la douleur dentaire : une remise en contexte facilite l’évocation et l’on sait d’expérience qu’une simple odeur d’éther ou un bruit de fraiseuse peut “ réveiller ” une impression désagréable chez celui qui a expérimenté une douleur dentaire dans ce contexte.

Certains affirment ressentir vraiment la sensation douloureuse en situation d’hypnose quand l’imagerie mentale recrée le contexte.

Le stockage et le rappel de la douleur se font indépendamment dans les secteurs somato-sensoriels et émotionnels avec peut être une balance entre les deux composantes .

Les facteurs modifiant la mémoire douloureuse sont nombreux et peuvent dépendre soit de facteurs de personnalité, soit de facteurs culturels, soit de faits biologiques liés à la douleur.

Dans certaines dépressions on assiste à une réactualisation douloureuse alors que le support organique de la douleur ancienne a disparu.

l’alexithymie (incapacité à verbaliser les émotions ) conduit à vivre les émotions de façon très somatique sans l’amortissement du langage, de la conceptualisation ou de l’imaginaire. Le traumatisme précoce serait alors revécu inconsciemment lors d’un traumatisme bénin de l’adulte, sous forme de névrose post-traumatique et de douleur chronique

10.4.3 Conclusion
Il reste beaucoup d’inconnues sur l’inscription physiologique d’une douleur et les sites anatomiques impliqués. Le système nociceptif est probablement soumis à une “ finalité ” d’oubli de la douleur , mais tout stimulus douloureux entraîne des modifications neurochimiques et synaptiques durables du système nerveux central.

Ce stockage mnésique de la douleur ,utile pour la reconnaître et mieux la combattre, sera d’autant plus important que le stimulus nociceptif a été intense et répété. La réactualisation d’une expérience douloureuse ancienne reste exceptionnelle mais le phénomène de douleur-mémoire est important dans la genèse de certaines douleurs chroniques neurologiques

10.4.4 Hypothèses
Le réveil douloureux d’un point du corps peut ramener à la mémoire explicite ou implicite le contexte émotionnel et la situation passée, en particulier dans le cas d’alexithymie.

La verbalisation de l’émotion suite au traitement ostéopathique permettrait de diminuer la somatisation. Il faudra aussi tenir compte de la « personnalité » du sujet

On retrouve sensiblement les mêmes structures impliquées dans la douleur, la mémoire de la douleur et l’émotion d’où l’importance du traitement ostéopathique de ces zones.

10.5 Douleurs, corps et émotions
Bien que nos réactions à la douleur et au plaisir puissent être modifiées par l'éducation, ce sont des exemples premiers de phénomènes mentaux dépendant de la mise en œuvre de mécanismes neuraux innés.(cf schéma Laborit concernant faisceau de punition et de récompense p 48)

II faut distinguer au moins deux composantes dans la perception de la souffrance et du plaisir.

- Dans le cadre de la première, le cerveau élabore la représentation d'un changement local de l'état du corps, qui est rapporté à une région donnée du corps. Il s'agit d'une perception somatosensorielle au sens propre. Elle part de la peau, ou d'une muqueuse, ou d'une partie d'un organe et signe une atteinte tissulaire.

- La seconde composante dans la perception de la douleur ou du plaisir résulte d'un changement plus général dans l'état du corps ; il s'agit, en fait, d'une émotion. Ce que nous appelons plaisir ou douleur, par exemple, est le nom donné au concept correspondant à un paysage corporel particulier, que notre cerveau est en train de percevoir.

Nous percevons de la douleur, ou du plaisir, lorsque nous devenons conscients de certains états du corps qui s'écartent manifestement de la gamme des états de base.
La libération d'endorphines (la morphine produite au sein du cerveau) qui se lient aux récepteurs des opiacés (qui sont semblables aux récepteurs sur lesquels agit la morphine), est un facteur important de la perception d'un « paysage du plaisir », et peut annuler la perception d'un « paysage de la douleur ».

Pour rendre un peu plus claire cette explication, prenons un exemple dans le cadre de la perception de la douleur.

A partir des terminaisons nerveuses stimulées dans une région donnée du corps où existe une lésion tissulaire (par exemple, dans la racine d'une dent), le cerveau élabore une représentation transitoire du changement local de l'état du corps, différente de la représentation antérieure de cette région.
Le type d'activité qui correspond aux signaux de la douleur, et les caractéristiques perceptives de la représentation qui en résultent, sont entièrement prescrites par le cerveau, mais ne sont; par ailleurs, pas neurophysiologiquement différents de ceux de n'importe quelle autre perception concernant 1e corps.

Si les choses se bornaient à cela, Damasio affirme « que tout ce que vous percevriez serait l'image particulière d'un changement d'état du corps, sans conséquence ennuyeuse. Peut-être que cela ne serait pas plaisant, mais,: cela ne vous incommoderait pas non plus ». Mais le point important que l’on peut souligner est que le processus ne s'arrête pas là .

L'innocent traitement de l'information relative au changement d'état corporel, mentionné ci-dessus, déclenche rapidement une vague de changements d'état du corps supplémentaires, qui font s'écarter davantage l'état du corps global de la gamme de base.

L'état qui en résulte est une émotion, dotée de caractéristiques particulières. C'est sur la base de ces déviations de l'état du corps survenant dans un second temps que la perception désagréable de 1a souffrance va se former.

Pourquoi ces déviations sont-elles ressenties comme douloureuses ? pourrait-on demander. Parce que l'organisme est fait ainsi. Nous naissons dotés d'un mécanisme pré câblé de perception de la douleur et du plaisir. La culture et l'histoire individuelle peuvent aboutir à changer le seuil à partir duquel il commence à être mobilisé, ou bien modifier sa force, ou bien nous fournir les moyens de l'atténuer. Mais le mécanisme fondamental nous est donné à la naissance.

Quelle peut bien être l'utilité de posséder un tel mécanisme pré câblé ? Pourquoi faut-il qu'il y ait cette perception désagréable venant s'ajouter à celle du changement local d'état du corps, plutôt que cette dernière seulement ? On ne le sait pas avec certitude, mais la raison a probablement à voir avec le fait que la souffrance nous alerte de quelque chose.

Elle nous offre la meilleure protection dans le cadre de la survie, puisqu'elle augmente les chances que les individus prennent garde aux signaux de la douleur, se détournent de ce qui la provoque, ou corrigent ses conséquences.(Notion de plaisir et de douleur responsable de l’inhibition de l’action développées par Laborit : sous-chapitre sur l’homéostasie)


10.6 Douleurs et comportement
Si la douleur constitue le ressort de la mise en œuvre appropriée des pulsions et des instincts, ainsi que du développement de stratégies de prises de décision apparentées, l'altération de sa perception devrait s'accompagner de déficits comportementaux. Cela semble bien être le cas.

Certains individus qui naissent atteints d'une étrange pathologie que l'on appelle l'absence congénitale de perception de la douleur, semblent être incapables d'acquérir des stratégies comportementales normales.

Beaucoup semblent être continuellement en train de rire nerveusement et d'être contents, en dépit du fait que leur état les conduit à subir des lésions des articulations (ne ressentant pas la douleur, ils font jouer ces dernières bien au-delà ce qu'elles peuvent tolérer mécaniquement, ce qui détermine des déchirures des ligaments), ainsi que de graves brûlures et coupures (ils ne retirent pas leur main d'une plaque chauffante, ni ne prêtent attention à la lame d'un couteau).

Comme ils peuvent encore percevoir le plaisir, et peuvent donc être influencés par des perceptions d'émotions positives, il est d'autant plus intéressant de constater que leur comportement est déficient.

Leur cas permet également d'avancer l'hypothèse encore plus fascinante que les systèmes-ressorts de la douleur ou du plaisir ne jouent pas seulement un rôle dans le développement des stratégies de prises de décision, mais aussi dans la mise en œuvre de ces dernières.

Les patients atteints de lésions préfrontales présentent une curieuse altération de leurs réponses à la douleur. Les mécanismes leur permettant de localiser la région du corps endommagée sont, chez eux, intacts, mais les réactions émotionnelles, qui font normalement partie intégrante du processus de la douleur, sont absentes ou, pour le moins, la perception subséquente de ces réactions est anormale.

On peut aussi trouver des preuves d'une telle dissociation chez des patients qui ont subi des lésions cérébrales chirurgicales, dans le but de les soulager d'une douleur chronique. Certains états pathologiques en neurologie se traduisent par des douleurs intenses et fréquentes.

C'est le cas par exemple de la névralgie trigéminale, que l'on appelle aussi « tic douloureux ». Ces patients tendent à prendre une position repliée sur eux-mêmes, comme pour se défendre.

Il semble que l'intervention chirurgicale abolisse alors la réaction émotionnelle, faisant partie de ce que nous appelons douleur. Elle met fin à la souffrance du patient. L’expression de son visage, sa voix, son maintien sont ceux que l'on associe aux états plaisants, non à la douleur.

Mais l'opération ne semble pas avoir modifié la perception de la partie altérée dans la région du corps innervée par le nerf trijumeau, et c'est pourquoi le patient peut dire que les « douleurs » sont toujours les mêmes. Tandis que le cerveau ne peut plus percevoir de souffrance, il continue à élaborer des « images sensorielles de la douleur », c'est-à-dire qu'il effectue normalement le traitement neural de cartographie sensorielle relatif au paysage de la douleur.

Outre ce qu'il nous enseigne sur les mécanismes de la douleur, cet exemple montre bien qu'il existe une séparation entre l'image d'une entité particulière (l'état du tissu biologique à l'origine de la douleur) et l'image d'un état du corps

10.7 Apport au Mémoire
C’est donc bien le réveil d’un point douloureux associé au traitement tissulaire qui va déclencher la perception d’un paysage corporel particulier, donc une émotion chez le patient et changer son comportement par la réactivation de la mémoire liée à la douleur.

10.8 Biopolymères et ostéopathie
10.8.1 Biopolymères

Dès que le thérapeute manuel pose la main sur un patient, il contacte inéluctablement un tissu omniprésent dans notre corps : le fascia, que les histologistes appellent tissu conjonctif.

Une autre évidence nous vient aussitôt à l'esprit : cette main exerce obligatoirement une pression mécanique, que nous étalonnons selon notre désir de tester ou de normaliser un tissu situé plus ou moins profondément. Par sa pression manuelle, le thérapeute dispense donc une énergie mécanique.

Nous savons aujourd'hui que les fibres d'élastine, de réticuline, de collagène, encore appelées biopolymères ( association de longues chaînes moléculaires de protéines qui entrent pour une forte proportion dans la constitution des êtres vivants ), contenues dans la matrice fasciale, sont capables de se rétracter sous l'influence d'une pression supérieure à la pression physiologique pour laquelle leur composition biomoléculaire est conçue, et de revenir à leur longueur initiale, si la pression du milieu interstitiel redevient physiologique.

Le phénomène de rétraction se produit lorsqu'une hyperpression entraîne le regroupement des molécules d'eau de la matrice fasciale, sous forme de cages à eau, autour des pôles hydrophobes des fibres.

La transition inverse, c'est-à-dire la réaction biochimique variable des biopolymères par rapport à un environnement dont l'énergie varïe elle aussi (Dan Urry, 1994 ), correspond alors au retour à la longueur initiale de la molécule, à condition que l’hyperpression dans la matrice fasciale cesse ou redevienne physiologique.
Cela se fait par la création de liaisons hydrogène entre les molécules d'eau de la matrice fasciale et les pôles hydrophiles des fibres. Cette réponse se produit à des degrés d'énergie de quelques microns, nanomètres, voire d'angströms ; elle est reconductible à chaque fois qu'une énergie influence le milieu.

Il est important de préciser ici que tous les types d'énergie sont capables d'entraîner ce phénomène de transition inverse des biopolymères.

Les protéines sont donc capables de produire un travail à partir d'un stimulus énergétique, mécanique ou autre. C'est le mécanisme universel le plus efficace, et il consiste dans le repliement ou l'allongement des protéines. C'est aussi la méthode la plus efficace pour transformer une énergie en travail mécanique.

Les recherches de Bourdinaud l’ont amené à émettre l’hypothèse que des structures anatomiques telles que les membranes de tensions réciproques crâniennes, la dure-mère médullaire, les ligaments, les capsules articulaires, les tendons, les aponévroses, les cartilages et, en définitive, tous les tissus conjonctifs du corps humain sont capables, dans l'infiniment petit (de l'ordre du micron, du nanomètre, voire de l'angström), de se rétracter sous l'influence d'une hyperpression, puis de revenir à leur longueur initiale si la pression du milieu redevient physiologique.

Une hyperpression, savamment dosée par la main du praticien, peut participer à l'insertion des protéines membranaires cellulaires, condition indispensable à l'action de la pression osmotique. Par son contact manuel, l'ostéopathe agirait ainsi sur le métabolisme cellulaire. Bourdinaud nomme cela : concept ostéocytologique.

Ce concept fut à l'époque créé de toute pièce, avec comme définition : étude de l'action de l'ostéopathie sur les cellules humaines.

Les découvertes scientifiques sur la biochimie des biopolymères nous semblent parfaitement valider la théorie ostéopathique de nos maîtres.

En effet, nous pouvons concevoir que l'énergie du mouvement respiratoire primaire (M.R.P.), quelle que soit son origine (aucune étude scientifique sérieuse n'a pu à ce jour la prouver, ni permettre de comprendre son origine), peut être nécessaire et suffisante pour entraîner la transition inverse des biopolymères du tissu conjonctif au niveau de l'infiniment petit.

Ce rythme à deux temps pourrait créer lors du premier temps un phénomène « d' hyperpression » générale du corps humain, susceptible d'entraîner la rupture des fragiles liaisons hydrogène entre les molécules d'eau de la matrice fasciale et les fibres du tissu conjonctif.

Ces mêmes molécules se regroupent alors entre elles et constituent des « cages à eau » autour des pôles hydrophobes des biopolymères, ne laissant pas d'autre choix aux fibres que de se rétracter sous la pression des « cages à eau ».

Dans le même temps, du fait de l'augmentation de la pression de surface membranaire des cellules, il y aurait insertion ou désinsertion des protéines de la membrane des cellules environnantes (Bourdinaud, 1992). Cela correspondrait au temps d'« inspir » du MRP

Lors du second temps, cette énergie redeviendrait physiologique, obligeant les « cages à eau » à rompre les liaisons qu'elles ont formées entre elles, car les atomes H+ des molécules d'eau sont de nouveau attirés par les pôles hydrophiles des fibres du tissu conjonctif, permettant ainsi le retour des molécules à leur longueur initiale grâce aux liaisons hydrogène reformées entre l'eau de la matrice et les fibres du tissu conjonctif.


Cela correspondrait au temps d'« expir » du MRP

Ce stade étant réversible, le mouvement peut se perpétuer et recommencer à chaque changement du degré d'énergie, dans un sens ou dans l'autre.

La science vient alors conforter la pensée de nos maîtres et même rejoindre, semble- t ’il, leurs sensations tactiles : ils avaient tout senti, tout décrit, tout écrit sans jamais pouvoir le démontrer de manière scientifique. Et voilà que la science semble leur donner raison.

Enfin leur affirmation de l'action de l'ostéopathe sur le métabolisme cellulaire s'harmonise avec le concept ostéocytologique précédemment décrit.


10.8.2 La pathologie ostéopathique fasciale

Plusieurs cas peuvent se présenter
soit les biopolymères demeurent rétractés,
soit ils demeurent allongés,
soit ils demeurent rétractés d'un côté et allongés de l'autre, comme cela serait le cas pour des tissus périarticulaires.

L'énergie du MRP devient ici insuffisante pour entraîner la transition inverse, nécessitant une intervention extérieure ou un changement des données pour que celle-ci puisse reprendre et se perpétuer. La nature de l'agent extérieur peut être diverse.

Il peut s'agir
-du médicament chimique du médecin agissant sur la structure moléculaire du tissu conjonctif,
- des moyens physiques du kinésithérapeute,
- d'autres énergies de nature non mécanique...
- de l'utilisation de techniques mécaniques ostéopathiques permettant d'apporter l'énergie nécessaire et suffisante pour réenclencher le phénomène de la transition inverse des fibres du tissu conjonctif.

Il est troublant de noter que cela corrobore parfaitement ce que nous observons dans la résolution des tensions et la fuite des tissus depuis longtemps largement évoquées et décrites par nos maîtres Sutherland et surtout Rollin Becker.

Nous devons être prudents dans nos affirmations, car pour l'instant, même si la science semble rejoindre l'ostéopathie, et même si l'hypothèse est séduisante et semble cohérente avec la pensée de nos maîtres, nous allons devoir passer de ce qui est démontré in vitro, à la démonstration in vivo.

10.8.3 Hypothèses
Nous pouvons supposer que l’émotion, par la modification du tissu conjonctif qu’elle entraîne, agit également sur la conformation des biopolyméres. Notre action sur ces biopolyméres va donc, là encore, changer la conformation tissulaire et le paysage corporel et stimuler tous les capteurs du système somato-sensoriel et de la nociception.

 

Figure 12 URRY, Dan « Les machines à protéines »,.
(Pour la Science, n°209, mars

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Jean-luc LASSERRE Ostéopathe DO

 

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